11 juin 2013

L’excellent film cosigné par le montpelliérain Bruno Samper (photo) devrait finalement être visible au Méliès et peut-être à Utopia, après sa (vague) disparition programmée
Texte Fabrice Massé

Nul n’est prophète en son pays, dit-on. Pardon pour le poncif, mais voilà l’histoire : celle du film d’abord. Lukas, un scientifique, expérimente avec son équipe les limites de la communication neurologique. Il entre en contact avec l’esprit d’une femme qu’il nomme Aurora. Peut-être par pudeur, il cache d’abord sa découverte aux autres membres de son labo ; l’univers fantasmatique qu’il découvre au côté d’Aurora s’avère très sensuel. Ephémère malheureusement. La jeune femme est en réalité plongée dans le coma à la suite d’un accident de voiture.
Récompensé du Méliès d’Or, soit meilleur film européen, nommé pour plusieurs autres prix ici et outre-atlantique, ce film de genre science-fiction est indiscutablement un film d’auteur. En ce sens qui désigne habituellement une œuvre créative, originale et dont les effets spéciaux ne sont pas obligatoirement dédiés aux cascades de testostérones et aux déluges pyrotechniques, on aurait pu s’attendre des exploitants de cinémas art et essai (classés recherche) de Montpellier quelque égard. Mais rien. Pas un pour programmer le film. L’intrigue est accessible, prenante et sans longueur, et l’univers onirique crée par les coscénaristes, la Lituanienne Kristina Buozyte et le Montpelliérain Bruno Samper, convainc notamment par le raffinement des images et du son.
« La maison ? On a mis trois mois à la concevoir », explique Bruno, connu ici comme le créateur du studio graphique web panoplie.fr, désormais nedludd.fr. Digne des plus grands architectes, elle justifierait presque à elle seule la réalisation de ce long-métrage, au budget très modeste de 1,1 million d’euros.
Car, oui, si la présence d’un Montpelliérain en tête du générique de cette perle cinématographique est un motif d’intérêt suffisant, celle de Bruno Samper en est un supplémentaire (son complice de toujours, Siegfried Rouanet, a également apporté sa touche). Qui n’a pas plané parmi la mouvance nébuleuse 2.0 de panoplie.fr ne peut certes comprendre. Mais le site est toujours actif.
Comprendre, justement. Aucune explication ne se dégage de l’apparent dédain des programmateurs des cinémas Diagonal et Utopia. Le festival de Cannes au moment de la sortie nationale ? Les faibles moyens de la distribution et de la promotion ? L’inévitable et injuste action de tamis qui en découle ? Les premières critiques parues, en tout cas, sont fameuses : Télérama, Première lui ont attribué respectivement 3 et 4 étoiles…
Pour le réseau Utopia, « 80 % des films sont programmés par Bordeaux ou St-Ouen. Même s’il est bien, il est possible que le potentiel commercial du film n’ait pas été jugé suffisant », explique clairement Arnaud, le directeur des salles du Campus. Il précise : « Pourtant, chez nous, elles ne sont pas très élevées. Vanishing Waves, je ne l’ai pas vu. Mais si je reçois le DVD, pourquoi pas ? »
Vanishing Waves sera-t-il programmé à Utopia prochainement ? Wait and see. A la rentrée, peut-être. Dans l’intervalle, c’est au cinéma Nestor Burma de Celleneuve qu’il devrait finalement sortir en premier. Peut-être avant la fin de juin. •
BRUNO SAMPER SELON NEDLUDD.FR
« En 1998, il fonde la revue en ligne Panoplie.org et explore avec de nombreux artistes les nouvelles possibilités offertes par un média encore naissant : Internet.
En 2001, Panoplie.org devient le studio Panoplie et développe des interfaces numériques et des productions multimédias on et offline, pour des institutions culturelles et des marques comme Kenzo, Arte, le ministère de la Culture, le Palazzo Grassi, Veuve Cliquot, Ubisoft, Orange, Lagardère, ING Direct ou encore Rolex.
Le studio se crée une solide réputation créative et reçoit de nombreuses récompenses pour son travail : FWA, Club des Directeurs artistiques, Clics d’Or, Webby Awards, prix de la SCAM, etc. En parallèle, il développe également des fictions interactives, des jeux et des univers persistants.
Ainsi en 2002, Bruno conçoit « Society » (dans le cadre de la manifestation Villette Numérique), premier jeu online à avoir été acquis par le Fonds national d’art contemporain (FNAC). Lauréat de la fondation Lagardère en 2004, pour la fiction interactive « L’oracle de Shepperton », il développera ce projet un an plus tard pour la chaîne de télévision Arte. »
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