13 fév 2013

Francis Alÿs

L’exposition éphémère de Francis Alÿs, à l’Ecole supérieure nationale des Beaux-Arts de Montpellier rencontre elle aussi l’actualité. Connu par avoir fait de la balade urbaine une discipline artistique, Francis Alÿs flâne à la recherche de ce qui pourrait faire sens à ses yeux, puis aux nôtres. A la fois performeur, vidéaste, peintre… mais aussi architecte de formation, on comprend le chemin qui l’a mené à ce changement de medium dans la manière dont il conçoit son travail : en tant qu’ « artiste politique ». Politique, comme polis, la ville, mais pas seulement. La pièce qu’il montrait à l’ESBAMA en témoigne : la reproduction d’un salon dont la fenêtre donne sur les tours jumelles du World Trade Center, où le menèrent ses pas quelques mois avant le tragique 11 septembre 2001. La dimension artistique de ce travail ne se résume pas évidemment par cette description brutale, mais s’éprouve en s’asseyant dans le salon en question. Une expérience bouleversante. Tout comme le mot politique ne saurait illustrer l’étendue de son acception dans les déambulations plus légères, les dérives poétiques de Francis Alÿs, on se prête à rêver que les balades urbaines de la concertation Montpellier 2040 sachent aussi… déconcerter.

Jean-Marc Demay

Jean-Marc Demay est un artiste montpelliérain qui révèle la ville par ses actions. Son empreinte, des performences, des vidéos.. Cette photo est extraite d’une vidéo nommée Ramette. Il l’explique :

« Placer une feuille de papier sous chaque pied, à chaque pas, et pendant 500 feuilles. Comme un autre moyen de déplacement, en ville, au milieu des autres usagers. Avoir une autre expérience de l’espace commun, et du temps. C’est assez proche de la chorégraphie finalement. Cette action renvoie à des choses communes : un conte, un jeu d’enfant… L’espace du Corum a été choisi car c’est un nouveau nœud dans la ville, un nouveau centre-ville. Bizarrement, à cet endroit se juxtaposent ce qu’il y a de plus récent à Montpellier (les lignes de Tram) et ce qu’il y a de plus ancien (la rue médiévale du Pila Saint Gély). Les feuilles viennent souligner, par leur léger désordre, tous les signes qui délimitent l’espace urbain : poteaux, rails, barrières, bornes, marquage au sol. 200 m parcourus en presque 40 minutes… Cette lenteur donne une épaisseur à un espace que nous survolons et peut être une identité à celui qui ne fait que passer. » •

Bookmark and Share

Laisser un commentaire

Commentaire :