A presque 40 ans, Maitre Mendel est avocat au barreau de Montpellier depuis 13 ans, dont la moitié à défendre en particulier les droits de la presse.

Le journal satirique montpelliérain L’Agglo-Rieuse doit beaucoup à ce pénaliste qui a défendu avec succès sa cause lors de nombreux procès. Pourtant, en 2014, la justice semble avoir voulu porter un coup mortel au « Canard » de Montpellier en le condamnant à une peine exorbitante de 92 000 €.

Comment avez vous ressenti le drame de Charlie hebdo ?
J’ai vécu cela comme un grand choc. La liberté d’expression et la liberté de plaider sont liées. Et en tant qu’avocat spécialisé en droit de la presse, j’ai été doublement effondré. J’ai eu aussi une pensée pour toutes les tentatives de limiter le droit d‘expression de la presse devant les tribunaux notamment par des condamnations financières exorbitantes.
Combien d’affaires de droit de la presse sont-elles traitées par le tribunal de Grande instance de Montpellier ?
A l’audience trimestrielle il y a environ une quarantaine d’affaires au rôle.
Qui est visé ?
Des organes de presse, mais aussi des blogs, des petits journaux d’opposition attaqués par le maire… A ce propos nous subissons l’effet pervers de la protection fonctionnelle des élus qui permet que l’avocat soit payé par la commune. Il est curieux dans le cadre du débat public de demander à l’argent du contribuable d’étouffer la liberté d’expression.
Aujourd’hui la liberté d ‘expression est plus menacée qu’avant ?
C’est pareil. Il y a 8 ans que je suis avocat en droit de la presse. La seule chose qui ait changé c’est que Frêche ne faisait pas ou peu, de procès en diffamation, alors que les élus actuels, quelle que soit leur couleur politique, en font quelques uns.
A votre avis, le communautarisme, très prégnant à Montpellier, est-il une menace pour la liberté d ‘expression ?
Nous ne sommes plus dans le droit. Comme citoyen, je dénonce depuis des années tous les partis politiques qui portent une responsabilité en éclatant le corps électoral en groupes de pression. A terme, ils sont otages de ces groupes.
Les électeurs ne sont plus dans la citoyenneté de la cité, mais appartiennent à leur communauté. Ceci est renforcé par les scrutins de listes. Ce n’est plus, ce que l’on a à proposer, mais quel groupe on représente.
L’argent peut-il limiter la démocratie locale ?
La presse est otage des publicités institutionnelles ainsi que des grosses annonces légales. La solution pourrait passer par une défiscalisation plus importante des dons à la presse et par un contrôle plus rigoureux des dépenses de communication des collectivités.
Propos recueillis par Alain Nénoff

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