2 oct 2014

Le festival « Fleurs de vie, Fleurs de jazz » (25 septembre – 25 octobre) accueillera à trois reprises le bassiste Frédéric Monino. Avec les jazzmen d’exception Olivier Ker Ourio, Simon Goubert et Franck Tortiller, ils formeront notamment le quartet « Around Jaco », un projet inspiré par le légendaire bassiste Jaco Pastorius*.

Propos recueillis par Hadrien Volle

Parlez-nous du projet « Around Jaco »
« Around Jaco » est une formation que je porte depuis 2007. Elle a été bien accueillie par le public, local et international depuis. Pour l’anecdote, avant de se produire en live, on a enregistré un disque du projet en 2006. Il a été réédité au Japon en 2013 ! D’ailleurs, « Around Jaco » sera joué à plusieurs reprises pendant le festival, sous deux formes différentes, le 16 et le 19 octobre. Le noyau dur est plus ou moins statique : il est composé de Franck Tortiller, ancien directeur de l’Orchestre national de jazz ; de François Laizeau, qui exceptionnellement ne sera pas là le 19 octobre car il joue avec Michel Legrand et qui, pour l’occasion, sera remplacé par Simon Goubert. Enfin, Olivier Ker Ourio sera à l’harmonica. Il y a eu bien d’autres invités comme Emmanuel Bex ou Patrice Héral, c’est un projet à géométrie variable !

Vous ne jouez que des titres de Jaco Pastorius ?
Attention, ce n’est pas un ensemble de reprises ! On ne joue pas les titres de Pastorius à l’identique, tous ont subi des arrangements. Il y a aussi ceux que l’on crée sur l’instant, car évidemment nous improvisons beaucoup. C’est jazz dans l’esprit, Pastorius est un prétexte. On fait attention de ne surtout pas faire comme sur le disque ! On se réapproprie certains titres emblématiques du bassiste, mais aussi de ceux qui l’ont inspiré : Herbie Hancock et Ornette Coleman.

Vous n’avez jamais rencontré ni vu Pastorius : comment s’est-il révélé à vous ?
Avec sa musique. Quand je l’ai découvert, j’avais 14 ans, je ne jouais pas encore de la basse à l’époque. Un copain avec qui, d’habitude, on n’écoutait que du Bob Marley, m’a fait écouter une cassette où il y avait du Paul Chambers, Jaco Pastorius et d’autres. J’ai trouvé ça bizarre, mais sans plus. C’est seulement quand j’ai commencé à apprendre la basse que, là, je me suis rappelé de lui ; je me suis dit : « Mais c’est dingue ! » Je ne pense pas qu’il y ait d’autres exemples d’instrumentistes, mis à part Charlie Parker, qui invente non seulement une musique mais aussi un instrument.

Pastorius tient-il une place importante dans l’héritage du jazz actuel ?
Il est l’un des derniers musiciens du XXe siècle à autant marquer la génération suivante, avec Jimi Hendrix. Pastorius est important non seulement pour son instrument, mais aussi pour la musique. Grâce à lui, la fonction de la basse change dans l’orchestre. Aussi, il ne faut pas oublier qu’il est compositeur, il a imaginé plusieurs pièces intemporelles : Three views of a secret, Use to be a Chacha… Quand on écoute ça, on a l’impression que ça vient de sortir !

* Le 16 octobre.
www.fleursdejazz.com – www.fredericmonino.com

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